Sur les murs

 

L’exposition de bande dessinée constitue aujourd’hui une manifestation identifiée par le public et légitime au sein de l’agenda culturel. La question ne se pose plus de savoir s’il faut exposer la bande dessinée ; elle peut être désormais remplacée par une nouvelle interrogation : Pourquoi et comment exposer la bande dessinée ?

Comment montrer dans l’espace ce qui est a priori conçu pour le livre ?

Cette question, je l’ai abordée au travers d’une pratique del’exposition de bande dessinée, de l’organisation à la régie, en passant par le commissariat et la scénographie :

5 sens et 9ème art – Centre René Goscinny / CNAM / bibliothèque Chaptal / Médiathèque Marguerite Yourcenar – 2016 2017

Affiche_bd-min-4

DES FIGURES DANS LA GUERRE à l’institut Français de Finlande novembre 2014

de cases en tranchées logo

De cases en tranchées – la Grande Guerre en bande dessinée, inaugurée à la Sainte Chapelle du Château de Vincenne

 

 

Rond_point_Flyer_72dpi

Rond Point, au FIBD 2014

 

escale_a_bruxelles-cadre-ok

D’ici, de là-bas (Nous avons parcouru le monde), à Angoulême, Bruxelles, Montrouge…

 

affiche_shebam

Shebam ! Blow ! Pop ! Sciences !, à la Maison des ensembles (juin 2013)

Affiche migrants LD

Migrant-e-s : Quand la bande dessinée s’engage, à l’institut français de Finlande

 

 

 

"Les BD qui font la différence : Des fourmis dans les jambes" à la médiathèque Hélène Berr

« Les BD qui font la différence : Des fourmis dans les jambes »
à la médiathèque Hélène Berr

 

 

 

 

 

Logo carnets3

L’ART NAIT DANS LES CARNETS, exposition de carnets durant le find 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modes d’Emploi lors du FIBD 2013

ligne07

Ligne 07 (exposition dans un autobus) lors du FIBD 2013

REGARDS D'ECOLE au Musée de la bande dessinée

REGARDS D’ECOLE
au Musée de la bande dessinée

 

 

 

 

 

 

affiche davodeau

Régie de l’exposition ETIENNE DAVODEAU – DESSINER LE TRAVAIL, à Poitiers (jan 2011)

couv Daures Expo BD 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est aussi l’objet d’un travail de recherche, mené dans le cadre du Master BD de l’EESI et de l’université de Poitiers (Enjeux et stratégies de l’exposition de bande dessinée, mémoire de recherche soutenu en septembre 2011 devant Thierry Groensteen, Lambert Barthélémy  et Jean-Marc Thévenet.

L’objet de ce travail de recherche est de déterminer les enjeux que peut servir une exposition de bande dessinée, de clarifier les objectifs qu’elle vise et de qualifier les stratégies d’exposition (notamment en termes de scénographie et de commissariat) les plus adaptées. Ces questions sont abordées au travers de l’étude d’une matière concrète et vivante :

  • des entretiens avec des acteurs impliqués dans des expositions de bande dessinée : Etienne Davodeau, Jochen Gerner, François Schuiten, Jean-Marc Thévenet, Marc-Antoine Mathieu…
  • une sélection de 17 expositions couvrant la période de 1967 à nos jours (l’exposition Bande dessinée et figuration narrative présentée au Musée des arts décoratif en 1967 étant considérée comme point de départ de l’histoire de l’exposition de bande dessinée en France). Cette sélection offre une perspective historique tout en concentrant le regard sur la période récente afin d’établir un « état de l’art » le plus représentatif possible.

La première partie (1. Le phénomène des expositions de bande dessinée), s’attache à montrer comment un fait culturel s’est installé depuis 1967. Accompagnant l’essor des festivals, les expositions de bande dessinée ont d’abord été marquées par un style très particulier, qualifié par Jean-Christophe Menu, de « tendance hyperscénographique », qui a connu son apogée au tournant des années 90, avec l’exposition Opéra Bulles, tendance qui reste encore vive aujourd’hui. Nous verrons que dans les mêmes années, les progrès de la reconnaissance de la bande dessinée comme art officiel, accompagnés de l’affirmation de leurs goûts par certains amateurs occupant des positions sociales élevées, ont ouvert les portes des institutions culturelles, conduisant l’exposition de bande dessinée vers de nouveaux territoires, jusqu’à la friction avec l’art contemporain sur des scènes très pointues.
Afin d’étudier les différents projets d’exposition représentés dans le corpus étudiés, il a été nécessaire de définir un certain nombre de concepts et de forger quelques outils d’analyse : dans la deuxième partie de ce mémoire (2. Les objets exposés, typologie et valeurs), nous établissons une typologie des objets d’exposition permettant d’interroger et de qualifier les différentes fonctions qu’ils peuvent remplir dans le cadre d’une exposition ou, plus précisément, les valeurs qu’il porte.
Ces bases méthodologiques nous permettent d’aborder dans une troisième partie (3. Les enjeux de l’exposition de bande dessinée) l’étude des enjeux associés à une exposition de bande dessinée et surtout, l’analyse des stratégies susceptibles de servir ces enjeux. Nous mettons à jour 3 trois types d’enjeux :

  • L’enjeu didactique correspond à l’intention de partager un savoir avec le public et d’enrichir une expérience de (re-)lecture à venir. il accepte des stratégies fondées sur l’approche sensible, aussi bien que sur l’approche scientifique
  • L’enjeu documentaire mise sur la faculté de la bande dessinée à rendre compte de la réalité. Il appelle conditions d’expositions particulières.
  • L’enjeu esthétique correspond quant à lui au désir d’offrir au visiteur une expérience esthétique distincte de l’expérience de lecture. Nous examinons trois stratégies mises en œuvre à cet effet : l’extrapolation, qui consiste à magnifier une facette de l’œuvre de bande dessinée en comptant sur sa capacité à provoquer seule une émotion ; la confrontation, qui mise sur l’effet de révélation que peut produire la juxtaposition de la bande dessinée avec une autre forme d’art ; et enfin la création, qui mobilise le talent de l’auteur dans un geste créatif nouveau et dédié aux conditions de l’exposition. Nous citons à cet égard les travaux de plusieurs artistes proposant des oeuvres de bande dessinée conçues pour l’exposition. Ces propositions sont les fruits d’artistes curieux, engagés, ouverts à d’autres formes, et capables de se départir des contraintes du classicisme sans pour autant perdre la maîtrise de leur art, l’art de raconter par l’image.

En rendant possible une bande dessinée « hors les livres », les expositions ont certainement contribué à ouvrir des perspectives rafraichissantes à l’ensemble de la bande dessinée.

Ce mémoire est lisible sur le site de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image

(certains des entretiens retranscrits dans les annexes ont donné lieu à une relecture et une réécriture avec les personnes intéressées. Ces versions, validées par les interviewés figure sur le site du9.org)

Laisser un commentaire